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Soul R&B

Anthony Hamilton

lundi 11 mai 2009 par soul R&B

AUTHENTIQUE

IL EST UN PEU L’ANTI BLING-BLING. DANS SON ATTITUDE, SON LOOK, SA MUSIQUE, COMME DANS SA PHILOSOPHIE, ANTHONY HAMILTON EST PLUS PROCHE DE L’ESPRIT DES GRANDS DE LA SOUL, LES BILL WITHERS, BOBBY WOMACK, JOHNNY GUITAR WATSON, QUE DE LA PLUPART DE SES CONTEMPORAINS. sa simplicité NE L’EMPÊCHE PAS DE FÉDÉRER LE PUBLIC, LES ARTISTES ET LES MÉDIAS SUR SON NOM ET SURTOUT SUR SA VOIX, RAUQUE ET SOULFUL.

Mercredi 3 avril dernier. Dans trois heures, Anthony Hamilton sera sur la scène de l’Elysée Montmartre pour son premier concert en France. Ses musiciens assurent la balance sur scène. Anthony Hamilton arrive flanqué de son manager, nous salue, monte rejoindre ses partenaires et règle quelques détails sur « Somebody » un thème couleur reggae et « The Point Of It All » morceau-titre de son dernier cd. Plusieurs de ses comparses dépassent le quintal, des masses. Lui est frêle, petit, une casquette vissée sur la tête. L’ambiance est décontractée, fraternelle, le chanteur déjà impressionne. Dans une salle vide, sa voix chaude est prenante. L’homme est cool, simple. Avant de filer rapidement pour passer enregistrer une émission de radio, il croise des fans déjà plantés devant la salle. Une jeune femme lui offre un portrait réalisé par Yann Couedor, un peintre français très talentueux, passionné de culture afro-américaine. Reconnaissant, touché par l’attention, il le brandira le soir, face au public pendant le concert. En voiture, il se montre tel qu’on l’imagine, naturel, abordable et cordial, les pieds sur terre, ancré dans son histoire, dans ses origines, convaincu de devoir l’affection des gens et de ses pairs à ce sens du respect, à ce refus du compromis et du marketing qu’il promet de tenir. Élevé par une famille d’adoption, Anthony Hamilton a suivi un parcours semé d’embûches, jalonné de contretemps, d’albums enregistrés jamais publiés, de contrats signés non respectés. Après un apprentissage à l’église, dans les chœurs, Anthony Hamilton fait ses armes dans des petits groupes de r&b - doo-wop, style New Edition. En 1993, à vingt-deux ans, il part pour New York, signe avec le label de New Jack, Uptown Records qui abrite Mary J Blige et Jodeci, pour un premier album jamais réalisé. Uptown fait faillite. Il signe ensuite avec Harrell Entertainment, nouveau label d’André Harrell, qui voit son deal avec Sony rompu avant que le travail amorcé n’aboutisse. Le chanteur publie finalement XTC, un premier cd sorti dans l’anonymat en 1996. Puis il fait partie des choristes de D’Angelo lors du « Voodoo Tour » en 2000. Peu après, Anthony Hamilton qui a rejoint Soulife, une autre maison de disque, apprend que le partenariat de celle-ci avec Atlantic tombe à l’eau. L’album Soulife, bouclé quelques mois plus tôt finit dans un coffre avant d’en être exhumé en 2005, cinq ans plus tard. Trois contrats avortés, deux disques sabotés : le chanteur s’accroche, signe des titres pour Tupac, Donell Jones. Finalement, le fil de sa carrière n’est pas rompu, il publie Comin’ From Where I’m From en 2003, avec Jermaine Dupri sur SoSo Def Records et Ain’t Nobody Worryin’ en 2005. Depuis de nombreux artistes l’invitent – Buddy Guy sur l’album Bring ‘Em In, Al Green sur Lay It Down –, craquent pour le bonhomme et pour son timbre de voix troublant. The Point Of It All paraît fin 2008. Entretien sur la banquette arrière d’un taxi, entre Pigalle et Ménilmontant, dans les embouteillages.

Retrouvez la suite de cette interview dans le numéro 7 de Soul R&B


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