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Soul R&B

Kenny Lattimore

mardi 10 février 2009 par soul R&B

TOUJOURS LÀ !

À 39 ans et après vingt ans de carrière construite en huit albums et un grand nombre de collaborations en tous genres, de Maniquin (Epic/1989) à Timeless (Verve), sa dernière œuvre, Kenny Lattimore est un témoin privilégié de l’histoire du Rythm and Blues moderne. Sa musique a toujours évolué, du gospel au R&B en passant par la nu soul, sans oublier une paire d’albums en duo avec sa femme Chanté Moore (voir itw dans SR&B#5) avec laquelle il vit toujours du côté de L.A., formant l’un des couples les plus sexy de la black music. À l’occasion de la sortie de Timeless, un disque de reprises intelligent, Kenny Lattimore revient sur un parcours musical riche et plein de rebondissements. Rencontre…

Soul R&B : Première question pratique, comment faites-vous pour les enfants, Chanté et toi ? Vos derniers albums respectifs sont sortis presque en même temps…
Kenny Lattimore (rires) : Tu vois, en ce moment, c’est moi qui m’occupe des enfants car Chanté est en train de répéter sa tournée. Après, ce sera à moi de répéter. Chacun son tour.
Soul R&B : Pourquoi avoir voulu faire un album de reprises ?
KL : Le concept vient de Verve, pour être honnête avec toi. Au début, on devait faire un album hommage à Sam Cooke, Otis Redding et tous ces grands chanteurs des sixties. Et puis après réflexion, je me suis dit qu’incorporer quelques titres venus d’univers différents serait une bonne chose. J’ai immédiatement pensé à Jeff Buckley que j’adore, mais aussi à des trucs plus pop comme Elton John ou les Beatles. Redonner naissance à ces chansons façon R&B était un vrai challenge à relever pour moi, mais aussi pour la maison de disques.
Soul R&B : Comment as-tu choisi les chansons ?
KL : Je ne voulais pas d’un album trop « cheesy » comme on dit chez nous, c’est à dire uniquement constitué de reprises de gros tubes. Je voulais des face B, des chansons que je sois capable de transformer à ma façon ; mêler plusieurs styles, mais aussi plusieurs générations. Je pense que cela change tout, car l’album sonne presque comme une œuvre originale, non ?
Soul R&B : Oui c’est vrai. Toi qui est plutôt R&B, qu’est ce que tu penses du grand retour de la soul, la renaissance de Stax, de Motown, le succès d’Amy Winehouse, etc… ?
KL : Je pense que c’est fantastique car cela prouve une fois de plus que la bonne musique est éternelle, et viable. Vous en Europe vous fonctionnez différemment, mais aux Etats-Unis c’est le royaume des étiquettes, des succès éphémères, des modes passagères, et le fait que la soul revienne en force ne me surprend donc pas. En Europe, vous avez une culture qui vous permet d’aller chercher plus loin que ce que l’on vous propose. Regarde en Amérique tous ces jeunes qui découvrent Stax et qui disent « Woaw ! », Stax c’est super ; alors que cette musique est la leur ! Je veux dire par là qu’il faut se méfier des modes dans la musique. En revanche, j’ai beaucoup aimé le disque de Raphaël Saadiq, une œuvre qu’il a entièrement composée, et produite lui-même. Le son de ses chansons, la façon dont il s’habille… il fait tout un show avec ça. Lui, il est crédible. Heureusement que je ne me suis pas aventuré à faire le même type de projet (rires)… Pour finir sur ce sujet, il ne faut pas oublier qu’à travers le monde, de l’Europe au Japon, des milliers de gens n’ont cessé d’écouter Donnie Hathaway, Stevie Wonder ou Marvin Gaye.

Retrouvez la suite de cette interview dans le numéro 6 de Soul R&B


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