Jazzanova
mardi 10 février 2009 par soul R&B
Berlin a le groove
L’aventure JAZZANOVA démarre en 1994, dans un club de Berlin, le Delicious Doughnuts. Trois DJs y sévissent : Jurgen Von Knoblauch, Alex Barcj et Claas Brieler. Un trio fan de musique Noire, auquel vient rapidement s’ajouter un autre trio de producteurs tout aussi passionnés : Stefan Leisering, Axel Reisemer et Roskow Krestchmann. Véritable collectif au service de la musique, JAZZANOVA ne cessera de grandir à grands coups de remixes et autres productions nu jazz électronique (4 Hero, Mj Cole, Incognito entre autres). Aujourd’hui composé de neuf membres, JAZZANOVA travaille sur son propre label, Sonar Kollektiv, et vient de sortir un très bel album de soul chez Verve (Universal), sorte d’hommage à la musique Noire en douze titres. Rencontre…
Soul R&B : Pouvez-vous présenter JAZZANOVA aux amateurs de soul et de R&B qui ne vous connaissent pas forcément ?
JAZZANOVA : Au début, nous étions un collectif de DJs, nous jouions toutes sortes de musiques Noires : de la soul, du funk, du jazz. Et puis un beau jour, nous avons décidé de produire, ce qui est une suite logique. Nous avons fait beaucoup de hip-hop avant de nous intéresser à d’autres sons. Aujourd’hui, cela fait 12 ou 13 ans que nous sommes ensemble. Pendant un bon moment, nous avons essentiellement fait des reprises, mais par peur de se lasser nous avons commencé à explorer d’autres voies, dont celle de la soul. Mais ce qui était important pour nous, c’était avant tout le processus de la création d’une chanson, un domaine nouveau pour JAZZANOVA. Le son commun du collectif a longtemps été le hip-hop ; aujourd’hui, c’est la soul. En fait, c’est à travers le hip-hop que nous avons vraiment découvert les musiques Noires. Mais de toutes, c’est la soul qui nous touche tout particulièrement.
Soul R&B : Vous venez de la musique électronique, pensez-vous que la soul puisse être électronique ?
JN : Sincèrement, oui ! Beaucoup de disques de soul sont aujourd’hui entièrement produits avec des machines et des ordinateurs…
Soul R&B : Un exemple ?
JN : Moodymann. Il est en quelque sorte le représentant de cette scène.
Soul R&B : Oui mais Moodymann, c’est plutôt une house qui tend vers le disco, une sorte de vulgarisation de la soul, non ?
JN : Nous ne sommes pas d’accord. Il produit une soul différente, mais cela reste de la musique Noire. La soul est comme toutes les autres musiques, elle peut et doit évoluer.
Soul R&B : Pourtant, votre dernier album démontre le contraire. Il y a des cordes, des cuivres, des arrangements…
JN : Oui, tu as raison, c’était même un challenge. Cet album était un projet totalement nouveau pour nous. Nous voulions des instruments, des orchestrations. Mais tu sais, ceux qui nous ont suivi depuis nos débuts, depuis le premier album, savent que la soul a toujours été présente d’une manière ou d’une autre dans notre musique. Pour Of all The Things, nous désirions mettre en valeur les instruments sans pour autant perdre ce son très « clean » qui nous a toujours caractérisé.
Retrouvez la suite de cette interview dans le numéro 6 de Soul R&B
