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Soul R&B

Sandra Nkaké Cameroun’s calling

jeudi 23 octobre 2008 par soul R&B

Sandra nKake n’a pas pris de cours intensifs de chant, ne s’est jamais produite dans les églises et n’a pas non plus participé à la Star Académie. Sa voix s’est façonnée avec le temps, au gré de 14 ans de concerts et de prestations en tout genre. Son registre vocal et sa technique parfaite, dignes des plus grandes, font de cette franco-camerounaise la représentante numéro 1 de la scène soul made in France. Belle comme une princesse Nubienne, mère de deux enfants (8 et 11 ans), à 34 ans déjà Sandra nKakÉ sort enfin un premier album, riche et profond, Mansaadi, composé presque entièrement en anglais et forcément un peu autobiographique. Rencontre…

Soul R&B : Première question, tu es célibataire ?
Sandra Nkaké (morte de rire) : Eh non ! Mais heureuse…
Soul R&B : Le petit cercle de la scène soul indépendante française te connaît bien mais pas les autres. Tu peux te présenter ?
SK : Je suis auteur-compositrice, pas vraiment musicienne mais je touche un peu à la batterie et la basse, en particulier. D’ailleurs sur Faity Tales, c’est moi qui fait la batterie. Bon, il y a quelques relances de symbale exécutées par mon batteur mais c’est moi qui joue. J’ai du mal à me présenter en quelques mots. Si l’on devait n’en retenir qu’un, ce serait « curieuse ». J’aime apprendre et découvrir, tout le temps. J’aime le théatre, le cinéma, et la musique bien sûr. J’aime être en relation avec les autres. Avant de devenir chanteuse, je voulais être médecin, mais comme j’étais nulle en mathématiques… J’ai même voulu être journaliste pendant un moment. Et puis je me suis rendue compte que la scène était un des meilleurs moyens de communiquer avec les autres, de se mettre à poil en quelque sorte (rires).
Soul R&B : Tu nous racontes ta jeunesse ?
SK : J’ai été conçue à Paris par une mère franco-camerounaise qui a accouché à Yaoundé. Ensuite, nous sommes revenues à Paris ; j’avais seulement 3 mois. Puis jusqu’à mes 12 ans ma vie est faite d’allers-retours entre les 2 villes. J’avais le cul entre 2 chaises ; j’étais souvent perdue car là-bas j’étais française et ici camerounaise. À Yaoundé, j’étais élevée dans la tradition catho, j’apprenais l’histoire de France. Tout cela m’a valu beaucoup de tristesse. Aujourd’hui, je me dis que cette éducation qui s’est faite dans l’amour m’a également permis d’avoir une ouverture sur le monde. Avec le recul, je me suis aperçue que ceux qui m’agressaient à l’époque étaient sans doute très malheureux aussi.
Soul R&B : Tu parles beaucoup de ta mère dans l’album et très peu de ton père ; que s’est-il passé, sans indiscrétion ?
SK : Mon père m’a donné 50% de mon patrimoine génétique, mais je n’ai aucun souvenir de jeunesse avec lui. Ah si, une photo de nous ensemble ; j’avais 6 mois. Mes parents se sont séparés quand j’avais 1 an et je l’ai vraiment rencontré pour la première fois, j’en avais 11. Entre temps, ma mère s’est remariée avec un musicien. Puis mon père a disparu pour ne réapparaître que dix ans plus tard. Tu vois le topo ? La dernière fois que je l’ai vu, c’était en 2000. Mais malgré cela, ma mère nous a éduqués mon frère et moi sans haine ni esprit de revanche. Elle ne nous a jamais dit de mal de lui, à aucun moment. Elle nous répétait « Un jour vous comprendrez. Votre père est une belle personne ». Je me suis aperçue que c’était un écorché vif et qu’il n’était pas à cette époque en mesure de s’occuper de nous comme il aurait dû. Aujourd’hui avec lui, ça se passe bien ; il m’a même mise en contact avec mes demi-frères, car il s’est remarié lui aussi.

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 5 de Soul R&B

Le site de Sandra Nkaké : www.sandrankake.com


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