Lalah Hataway Fille de… et alors !
jeudi 23 octobre 2008 par soul R&B
À l’instar des Simone (fille de Nina Simone), Ravi (fils de John Coltrane) ou Indira (fille de Chaka Khan), Eulaulah Hathaway, alias Lalah, fait partie de la petite famille des « filles et fils de… ». Un héritage musical lourd à porter, qui n’a pourtant pas l’air d’affoler outre mesure la fille du grand Donny Hathaway, icône de la soul des années 70 qui se « serait » suicidé dans d’étranges conditions… Récemment signée chez Stax, Lalah Hathaway nous parle du présent, de l’industrie du disque, de son dernier album Self Portrait, mais aussi des quelques souvenirs qui lui restent de la grande époque de la soul.
Soul R&B : Comment se fait-il que Self Portrait soit seulement ton quatrième album en près de 20 ans de carrière ?
Lalah Hataway : Tu commence fort ! Tu sais aux Etats-Unis, l’industrie du disque est tellement bizarre, vicieuse. Mon problème a malheureusement toujours été de trouver la bonne maison de disques. C’est quasiment un boulot à plein temps. J’aurais pu évidemment faire beaucoup plus de disques que cela, mais je n’ai pas trouvé les bonnes opportunités. Je te l’accorde, c’est bien dommage.
Soul R&B : Tu viens de signer chez Stax, tu penses avoir enfin trouvé le bon label ?
LH : Oui je crois, j’espère. Stax est connu pour avoir su vendre énormément de disques de soul à travers le monde, ça devrait donc normalement bien se passer.
Soul R&B : Il y a pourtant beaucoup de concurrence, chez Stax mais aussi ailleurs : Angie Stone, Ledisi, etc…
LH : Tu sais, je pense que nous possédons toutes un son différent. Nous sommes des femmes, noires, et nous nous battons pour exprimer notre musique, cela fait de nous plus une famille que des adversaires. Mon souci premier est de faire de la bonne musique ; je suis une artiste, pas une directrice marketing.
Soul R&B : Tu as choisi Sandra St Victor, Rashaan Patterson et Rex Rideout pour produire l’album, 3 grands producteurs mais avec des façons différentes de travailler. Comment cela s’est-il passé ?
LH : Super bien car ce sont trois vrais pros. J’ai produit l’essentiel de l’album avec eux car c’est facile de travailler avec des gens qui ont du talent. Et ils sont tellement sympas. Ce sont avant tout de vrais musiciens et j’aime travailler avec des musiciens, les choses avancent plus vite. On se connaît bien maintenant, on est devenus amis.
Soul R&B : Mais ils ont tous les 3 une manière différente de créer la musique…
LH : Oui c’est vrai mais il y a entre eux une certaine osmose. Rex par exemple est fort aux machines mais c’est un vrai clavier. Et Sandra est plutôt spécialisée dans les textes, les voix. Tout ça forme un tout efficace. Il y a beaucoup d’énergie créative entre nous.
Soul R&B : Sur Learning to Swim, tu veux exprimer ton besoin de nager seule à présent ?
LH : C’est une métaphore. En fait à la base cette chanson c’est un mauvais souvenir. J’étais aux Bermudes pour un festival de jazz et un de mes musiciens a tenté de m’apprendre à nager. Quel désastre (rires). Mais la chanson explique également que nous sommes souvent amenés à nager seuls dans la vie.
Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 5 de Soul R&B
Le site de Lalah Hathaway : www.lalahhathaway.com
