Al Green : Retour Vers le Futur
jeudi 23 octobre 2008 par soul R&B
À l’occasion de la sortie de son dernier album, Lay It Down, Soul R&B a réussi à obtenir une interview exclusive de Monsieur Al Green, un des derniers géants de la « golden era ». Produit par la Dream Team de la scène actuelle ( ?uestlove, James Poyser, Larry Gold, The Dap Kings), Lay It Down est un disque rare, une œuvre comme on n’en fait plus. En revanche, Al Green, lui, a changé. Aujourd’hui pasteur à Memphis, il est difficile de lui faire parler de son passé de sex-symbol, d’icône de la soul. Sans doute une façon pour lui d’aborder un énième chapitre de sa vie.
Al Green n’est pas seulement un des seuls grands représentants de la soul des seventies encore en activité ; il pourrait incarner à lui seul tout l’esprit soul. Né fils d’ouvrier agricole dans l’Arkansas, il fonde ses premiers groupes en famille avant d’obtenir la reconnaissance en 1972 avec Let’s Stay Together, un disque qui truste le haut des charts mais qui surtout scelle sa collaboration avec Willie Mitchell. Un duo hors norme qui produira quelques-unes des plus belles pépites de l’histoire de la musique de l’âme. La suite de sa vie est un véritable roman noir (du Chester Himes) entre amour, succès, accidents et malheurs en tout genre. De ses débuts à l’église à l’âge de 9 ans à son dernier album Lay It Down, Al Green aura jalonné l’histoire de la soul de sa voix unique, reconnaissable entre toutes. Souvent copié, jamais égalé. Depuis la mort du godfather James Brown et la récente disparition d’Isaac Hayes, la « famille » ne compte plus malheureusement que quelques ambassadeurs (pas des moindres !), cependant comme Aretha Franklin ou encore Lionel Richie (époque Commodores bien sûr !).
Soul R&B : Al Green, le premier groupe que vous avez fondé avec vos 3 frères s’appelait les Greene Brothers, puis ce fût Al Greene & The Creations, puis Al Greene and the Soul Mates. Ensuite, le dernier « e » de votre nom de famille disparaît, pourquoi ?
Al Green (agaçé) : Je ne sais pas vraiment ; tu sais, à cette époque, je faisais un peu n’importe quoi.
Soul R&B : Peut-être que c’était une manière pour toi de t’émanciper un peu de la famille ?
AG : Tu plaisantes ou quoi ? C’est eux qui m’ont viré du groupe. Ils ne voulaient plus jouer avec moi.
Soul R&B : Je comprends mieux maintenant !… Comment as-tu rencontré Willie Mitchell, avec qui tu as fait un bon bout de chemin ?
AG : Le plus simplement du monde. On jouait dans le même studio, il était en train de se boire une grande bouteille de Coca Cola, il adorait ça. On s’est présentés et le courant est passé tout de suite.
Soul R&B : Quel était le secret de votre duo avec Willie, qui aura quand même produit quelques chef d’œuvres de la Soul comme Al Green Gets Next to You, Let’s Stay Together ou I’m Still In Love With You ?
AG : C’est un secret mec ; si je te le dévoile, ce ne sera plus jamais un secret…
Soul R&B : Comment fais-tu pour être sex-symbol et pasteur en même temps, ça ne doit pas être facile ?
AG (gros rire bien gras) : Ah c’est vraiment une drôle de question, une question typiquement française… J’ai passé 25 ans de ma vie à faire le beau, puis j’ai changé, j’ai mûri. C’est le sens de la vie.
Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 5 de Soul R&B
Le site d’Al Green : www.algreenmusic.com
