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Soul R&B

Amazing Grace

jeudi 23 octobre 2008 par soul R&B

Avec sa longue chevelure et ses grands yeux bleus, une certaine élégance naturelle dans la démarche et sa taille de mannequin, Grace a tous les atouts esthétiques pour réussir. Mais derrière ce physique de madone des temps modernes se cache un auteur compositeur interprète de talent. Dotée d’un bagage musical débordant d’influences en tous genres, Grace fait partie de ces artistes anglophones « mille-feuilles » qui trouvent en France un refuge, loin des formatages anglo-saxons. Ce fût le cas de Ben Harper, de Kesiah Jones, de Raul Midon, de Norah Jones ou plus récemment d’Ayo. Grace, qui a vécu en France, le sait. Et elle s’en contre-fiche. Pour elle, la musique a toujours été une deuxième nature.

Soul R&B : Qui est Grace ?
Grace : C’est plein de personnes en même temps (dans un français parfait) ! Mon parcours est fait d’aventures et de voyages. Je suis un peu nomade quelque part… Soul R&B : Tu es née où ?
G : En Nouvelle-Écosse, au Canada. J’ai grandi dans une petite cabane que mes parents avaient construite. Mon père était musicien et il avait beaucoup de succès à l’époque.
Soul R&B : Son nom ?
G : Jonathan Edwards (ndr : disque d’or aux USA en 1971). Il faisait une musique entre pop/folk et bluegrass. Il jouait de tout, du piano, de la guitare, et c’était un tueur d’harmonica. Il écrivait bien sûr tous ses textes. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un papa comme ça. Il avait du mal à gérer son succès car en même temps, il aimait cultiver la terre. Il s’est planqué là-bas au Canada aussi pour échapper à la guerre du Vietnam.
Soul R&B : Bref, tes parents étaient hippies, des vrais babas, non ?
G : Exactement. Il n’y avait ni eau ni électricité dans cette cabane. Et dire que je suis née là-dedans… Mon père faisait la cuisine dehors et lavait la vaisselle dans la mer. Mais nous étions souvent en tournée. Mes parents racontent que j’ai appris à marcher dans un autocar. Cette éducation autour de la musique m’a d’ailleurs un peu, comment dire, coincée au moment d’entamer ma carrière d’artiste. Je me suis mis une certaine pression. J’ai d’abord commencé par m’occuper de plusieurs grandes causes comme celle des Amérindiens. J’ai travaillé dans le Montana dans une réserve.
Soul R&B : Dans le cadre de tes études ?
G : Oui, j’étudiais les cultures, les danses folkloriques. C’est d’ailleurs un peu grace à ça que j’ai commencé à écrire des chansons. Je suis très ouverte sur le monde, j’adore l’écologie et l’histoire des peuples.
Soul R&B : Tu connais la recette du milles-feuilles ?
G : Non, pas vraiment. Je connais juste le gateau.
Soul R&B : Cela te vexe si je te dis que ton album est une sorte de milles-feuilles. Une couche de blues, une couche de soul, une couche de folk, un peu de reggae, etc… ?
G : Non, pas du tout. C’est un peu moi tout ça. Ce n’est pas intentionnel, c’est juste que l’album me ressemble. C’est ma façon de voir la musique. J’aime pouvoir toucher les gens avec des mélodies simples. L’album est très acoustique car je veux pouvoir le jouer n’importe où et n’importe quand. Je ne voulais pas devenir dépendante des machines.

Retrouvez la suite de cette interview dans le numéro 5 de Soul R&B


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