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Soul R&B

M Pokora

mercredi 16 avril 2008 par soul R&B

M. Pokora Master Of Pop

En deux albums, il a fait ses gammes et conquis le coeur d’un public hexagonal majoritairement mineur et féminin. Avec “MP3”, M. Pokora attaque la planète en chantant en anglais, ouvrant sa musique à un public plus large, plus adulte. Avec l’appui de Timbaland et Ryan Leslie, ‘M to the P’ aborde le plus grand défi de sa carrière.

Il est loin le temps des incertitudes de la vie, d’une carrière encore balbutiante, des baggys difformes et du visage poupon d’adolescent imberbe. Fraîchement sorti de la couveuse Popstars, celui qui n’était à ses débuts que ‘l’autre Matt du R&B’ est devenu en 4 ans un exemple de maturation, alors que le R&B au masculin se cherche encore un chef de file. Adulé par ses fans, M. Pokora a tracé sa route en faisant fi des critiques sur son parcours, sur sa musique. Il a suivi la trajectoire classique de l’artiste en constante progression : révélation avec son premier album éponyme, confirmation avec un deuxième opus entré directement à la première place du top albums. Consécration aujourd’ui avec “MP3” ? Il est encore trop tôt pour en juger. Quatre ans se sont écoulés depuis notre première rencontre, dans les studios de la Plaine Saint-Denis de ses producteurs de l’époque, feu le duo Kore et Scalp, quelques semaines avant la sortie de son premier album. Son look d’‘adulescent’ et son univers musical ont depuis mué. Barbe naissante et tatouages multiples gravés dans la peau sont autant de témoignages du temps qui passe. Mais le succès n’a pas atteint Matthieu Totta, 22 ans. Un mois avant la sortie de son troisième album, l’artiste nous reçoit dans les locaux de sa maison de disques, à quelques pas de la Porte de Clignancourt, dans le 18ème arrondissement de Paris. De son changement de label à ses rencontres avec Timbaland et Ryan Leslie, Pokora revient sur son parcours et la genèse de cet album évènement. « J’ai passé un cap », dit-il, plus que jamais confiant en son art. « Mon album, c’est une façon de bouger le cul des français qui pensent que ce n’est pas possible, de leur montrer qu’on est capables de faire plein de choses. »

Soul R&B : Tu affirmes vouloir “passer aux choses sérieuses”. Qu’entends-tu par là ?

M. Pokora : J’ai grandi, musicalement parlant. Mes morceaux sont plus riches, plus solides, dans les compositions, les arrangements. Il y a de vraies structures. Avec ma petite expérience, j’ai voulu faire mon précédent album tout seul et je me rendais compte à l’époque, et encore plus aujourd’hui, que mes morceaux étaient ‘squelettiques’. Là, pendant un an, j’ai été en contact avec de grands pros, avec qui j’ai appris énormément de choses. Quand je suis entré en studio, je savais quelle touche je voulais apporter à cet album. Je me suis rendu compte en grandissant que j’étais plus Pop’n’B que strictement R&B-hip-hop. Dans mes lignes de chant, la compo des morceaux, je ne voulais pas arriver avec des trucs trop ‘cainri’, trop ‘black music’. Mais je voulais garder ce côté dansant, club, tout en apportant une touche pop électronique sur certains titres. La musique que je fais reflète la musique que j’écoute, comme le rock. Avec le temps, il y aura plus de ‘grattes’ et de batteries dans ma musique. Je suis trop ouvert musicalement pour m’enfermer dans le créneau hip-hop R&B.

Soul R&B : Tu interprètes cet album quasi-exclusivement en anglais, langue dans laquelle on te sent presque plus à l’aise…

M. P : L’anglais m’a permis de faire plein de choses que je ne pouvais pas faire en français. J’ai enlevé le frein à main dans mes compos, mes lignes de chant. Je n’ai pas eu trop de mal car j’ai toujours écouté et chanté de l’anglo-saxon. J’ai pris quelques cours avant de finir ma dernière tournée. Quand j’ai commencé l’album, j’ai arrêté. C’est venu tout seul, avec les conversations. Il y avait de temps en temps des petites choses à reprendre en studio. J’étais coaché vocalement par Ryan Leslie à New York, par Jim Beans à L.A. Avec ce genre de sons, le problème était d’écrire en français ! Je ne me voyais pas faire une version de “Dangerous” ou “They Talk Shit”… en français ; j’aurais bousillé les sons. D’ailleurs, je reste persuadé que les versions anglaises de mes titres français sont meilleures.

Retrouvez la suite de l’article dans le numéro 3 de Soul R&B

Le site de M. Pokora : http://mpokora.artistes.universalmu...


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