New Amerykah Part One
(4th WORLD WAR)
Cinq ans après son dernier LP, on attendait beaucoup de ce quatrième album d’Erykah Badu, dont la suite est attendue d’ici la fin de l’année. Entre l’absence prolongée de l’artiste et sa promesse de traiter de sujets sociaux et politiques (abordés cependant ici de façon très succincte), ce disque pouvait se révéler tout autant une réussite qu’une déception notoire. Rayez pour l’occasion la première mention. Car hélas, passée la surprenante et réussie ouverture funk-rock, entre Parliament et Sly Stone, livrée par un Roy Ayers en total contre-emploi, Erykah privilégie sur tout le reste de l’album le digital sur l’organique, comme un symbole de la tournure prise par l’industrie dans son ensemble. S’entourant d’une batterie de producteurs undergrounds salués par le ‘milieu’, la Badu, dans la continuité de son précédent méfait, joue la carte hip-hop. Sauf qu’ici c’est Shafyk Husain qui prend le relais du team Freakquency, et que le résultat tend assez vite vers la branlette arty dont est coutumier Sa-Ra Creative Partners. Décevant, tout comme les contributions de Madlib ou les brèves apparitions vocales de Bilal. Malgré quelques réussites hip-hop soul - le « Honey » de 9th Wonder et le « Soldier » du trop rare Karriem Riggins - et une réminiscence de « Baduizm » - l’envoûtant « Telephone » de James Poyser (relégué au rang de faire-valoir) - « New Amerykah… » n’a qu’une vertu, celle d’inviter les mécontents de « Worldwide Underground » à se replonger dans cet opus largement sous-estimé.

