MP3
(M2THEP/CAPITOL/EMI)
M.Pokora était attendu au tournant. C’est le moins qu’on puisse dire. Après les succès de ses deux premiers albums, en français dans le texte et destiné principalement à un public « adolenfant », l’ancien lauréat de Popstars avait promis du lourd. Les premiers noms évoqués (Timbaland, Ryan Leslie, J.R.Rotem), prometteurs, pouvaient justement faire rougir de plaisir ses fans, de jalousie n’importe quel artiste hexagonal, et faire sourire les plus sceptiques « haters ». MP aurait-il eu les yeux (et les oreilles) plus gros que le ventre ? Ce troisième opus, interprété quasi-intégralement en anglais et destiné au marché international, marque une frontière conséquente avec ces disques initiaux, Pokora se montrant presque plus à l’aise dans la langue de Shakespeare. Son flow chanté, son chant rappé, coulent ici de source et crédibilisent un peu plus son univers. Les productions, quant à elles, ne sont pas des fonds de tiroir comme on pouvait le craindre. Si « Dangerous », premier single, ou « Like A Criminal », sont du pur Timbo, sans grosse surprise, ce dernier offre à son nouveau protégé des sons addictifs (« Catch Me If You Can ») et originaux (« No Me Without You »). L’énergique « Why Do You Cry », quant à lui, est un « Cry Me A River » boosté aux amphétamines. Le mentor de Cassie, pour sa part, reste en terrain connu, notamment sur le synthétique « Tokyo Girl ». Véritable révélation de l’album, la jeune rappeuse anglaise Verbz fracasse (trop brièvement) l’électro « They Talk Sh*t About Me », meilleur morceau du CD avec le somptueux downtempo « Climax » (produit par Bionix). Malgré une tentative pop-rock infructueuse (« Forbidden Drive » produit par le frère de Matthieu) et l’indigent « Treason » (signé J.R.Rotem), la pop R&B de M.Pokora devrait casser la baraque. Et pas qu’en France.

